3 petits points

La saison  Ga est derrière nous,
et comme j’ai horreur des bilans
je m’amuse à écrire à l’abri du rendement
en architexte du mikado
ne perturbant le moins possible
les petits souvenirs en pagaille…
(c’est un mardi après-midi et je ne perds pas mon temps!)

La saison  Ga est derrière nous, donc
comme une fumée
comme un fauteuil
comme le moelleux des yeux qui retracent
le sillon couleur d’abricot
d’un champ magnétique éblouissant
sur les vrais paupières de la mémoire,
celles qui laissent aussi des traces enchantées.
Le Bac à Scrabble, lui,
encore un peu tiède,
dînant dans le possible d’une bonne miette-à-morphose
sur sa nappe à carreaux tendrement se repose.
Son apparente simplicité, de terrain-vague-à lames…
à l’âme déferlante
a vu glisser tornade de mots d’inventuriers,
découpés de rires
murmurés d’oiseaux rares
dénichés conciliabules
d’intimité publique.

Constellation, panorama des bouts du doigt qui montre,
sauvage, subtil et parfois chatouillant
en cascade vigoureuse de fenêtres grandes-ouvertes
éclaboussantes d’immaturité plus ou moins volontaire
L’imaginaire immédiat, tout cru, collectif,
s’est ouvert en estuaire,
comme un arbre minéralogique dérivant sur ses plaques
en contrecourant des morosités,
en filtre à particules, en galerie ramifiée
en courte-échelle offerte.
3 vertigineuses années horizontales d’exploration cervicale.
Trois ? ça, ce n’est pas vrai non plus !
île y en a eu plein d’autres, mais bien-navant* et souvent sœul*,
bien-avant* quand j’étais petit dans la grande moquette
à inventer des vies,
à éviter des vents, blottit dans les recoins
et c’était déjà bien.
Navant-naviguant-navu-navuguant-navi…

Maintenant,
dans la mansuétude intimologique*
dans le maintenant qui se tient aussi dans la main
tendu vers l’aussitôt des autres,
de l’autre coté du miroir vivant:
un granuleux Bac à scrabble,
un nid douillet, un nous d’ailleurs,
« l’insulaire » anagramme du  » ni l’ailleurs »
s’élabore, s’élabore
c’est beau l’art,
c’est beau l’art de vivre ensemble,
et pas en cendres,
en « réfugiés poétiques » qui se serrent les coudes,
en maillon libre, tendre et fugace
dans le ventre à l’écoute,
dans le croquant silex ,
silex en ricoche, silex en exils,
vacillant éclairage
dans la chaleur rassurante du palais-immédiat,
bougie fragile pour gâteau-ivre
dérivant vent vent
ventrilocataire terre terre
terminuscule!
tout le monde descend !
Fêtons l’anniversaire d’un alphabuleux langage
en courant continu,
et… aux fêtes, au fait, quoi offrir
quoi-fêtéria, coiffé-terrien
terrien dans les poches? nénni-nénni-nénni…
Nos cadeaux? des mots nouveaux,
Tout encore frais, tout encore beaux,
dans l’aplomb des ailes,
des ailes en apnée
en plongeoir, du bout de la langue qui rebondit
pour du faux, mais en trésor profond,
l’englouti qui dégloute*!
qui remonte à la surface,
posé au milieu, un « pas vrai » dans l’ammare
qui ricoche, qui ricoche, qui ricauchemar,
en saute-cadenas d’un zoo sémantique
où la raison-hantée, carrément, se tourne en rond
comme un chien de faillite dans le drap blanc des bowlings
hurlant dans le creux de la mort
ce mot qui roule en RRRRRR
dans le parc vulgaire et agressif des résultats féroces,
dans son appétit  compétitifs
dans la lucarne à visée courte
dans son piétinement de confettis…
des confettis, des confettis fétides,
qu’on accroche en bout de ligne à défaut d’asticots,
l’appât, la part en taire
l’appât-rend thèse déchirant la charentaise des parents,
des a-pparents
des appâts rances d’une vertu molle et polie,
dans ces mots creux en bois de langue sèche
et déjà tout vermoulu, et qui flotte à la surface,
en attendant l’ami, la mie de la main
en attendant le radeau de la biscotte tombée du bon coté…
qu’un gentil nauphrasé* arrive en nage,
en âge…en âge mûr d’escalade …
d’escalade des didascalies…
« jambes arquées, là, détraqué
j’embarquai, las d’être à quai…
Non vraiment, j’aurais eu tort de faire un bilan
je vais juste faire un point,
ou plutôt trois petit
même pour du faux, ça fait du bien,
les voilà les petits cailloux  du retour de babel
à la dune, aladin, à la croise …

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