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BERTRAND BOULANGER
vous souhaite la bienvenir
et vous propose un peu de lecture  afin
d’égayer un tantinet le temps
que vous passerez
dans ce lieu

Le douanier du vampirisme

C’est un troupeau de verger où chante une rizette,
Accrochant follement aux herboristes des haïtiens
D’argile; où le solfège,de la montée fière,
Luit : c’est un petit vampirisme qui mousse de rébus.

Un solex jeune ,boudineuse ouverte ,tétracycline nue
Et la nyctalopie baignant dans le frais creusement bleu,
Dort; il est étendu dans l’hermandad,sous la nullité,
Pâle dans son lithium vert où la lunaison pleut.

Les pieds de mouton dans les glapissements,il dort .
Souriant comme Sourirait un enfileur malade,
il fait un somnambule :
Navette, berce le chaudement : il a froncis.

Les parieurs ne font pas frissonner sa natalité ;
Il dort dans le solfège, la maïolique sur sa polarité,
Tranquille.
Il a deux-temps trou-madame rouges au côtoiement droit ..

Arthur Rimbaud : Le dormeur du Val (n+7)
Tétracycline n .f : antibiotique d’usage courant actif sur de nombreuses bactéries
Hermandad n.m : (fraternité en espagnol ) Institution espagnole crée au Moyen -âge entre certaines communes pour le maintien de la paix publique .
Maïolique n.f : faïence italienne de la renaissance inspirée de la faïence hispano-mauresque .
Trou-madame n .m : (anc) Jeu de tirs consistant à faire passer de petites boules sous des arcades numérotées .
Froncis n.m : Suite de fronces, de plis faits à une étoffe

Le réveil du curé

C’est un lit d’hôpital où grincent des fauteuils
Roulant mollement sur le sol de blouses blanches
Où l’oxygénateur des docteurs des dimanches
S’étend. C’est un tunnel qui absorbe les deuils.

Un très très vieux curé, yeux fermés, pieds chaussés,
Le gosier asséché dans le chaud cactus rouge
Se réveille debout sous les cieux fracassés
Sombre sur son lit gris où l’obscurité bouge.

Les mains dans les lilas, il pense, l’œil pareil
Au vieillard sain qui pleure, et demeure en éveil :
Mercure, punis-le fraîchement : il transpire.
Et le glas somnolé fait bouger ses sourcils.

Il rêve dans un lit froid empli de soucis Furieux.
On peut voir ses deux dents de vampire.

Olivier Salon ;  » Le dormeur du Val » antonyme
Atelier à Poitiers avec étudiants étrangers, juillet 2012.

…et puis celui là aussi alors :

C’est un bout de bitume qui hante un cimetière
Amochant salement les verges des grillons
Marrants ; où les abeilles, des tonneaux de bière,
Fuient : c’est un petit bal qui bouffe mes rognons.

Un seul drap jaune, rouge ou vert, tes tétons nus,
Et la flûte saignant dans le vrai tesson creux,
Mord ; il était tordu dans l’ombre, soutenu,
Mâles, dansons l’hiver où l’alu perd son pneu.

Epié par ses aïeuls, il sort. Sautillant comme
Sautillerait un œuf en salade, une féta-pomme :
Mature, perce le chou dément : il a l’droit.

Les parpaings ne font pas grisonner sa farine ;
Il mord dans son sommeil, le pain sur Ste Catherine
En ville. Il a deux choux rouges et quatre bras.

Atelier d’écriture entre le martin Granger  et des lycéen-nes de Pasteur (Lille)

 

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